Maçonnerie

Comment monter une cloison en briques

Baptiste — 05/09/2026 — 9 min de lecture

Une synthèse claire et directe

  • Préparer le sol et tracer avec précision est essentiel, tout comme choisir le type de brique adapté.
  • Le premier rang repose sur une fondation solide et exige rigueur et patience pour garantir l’horizontalité.
  • Chaque brique posée doit suivre une logique de construction éprouvée pour assurer la solidité du mur.
  • Les finitions contribuent à la durabilité du mur et à son adaptation aux mouvements du bâtiment.
  • Le choix du matériau dépend autant de l’usage et des contraintes techniques que de l’environnement.

Chaque cinquième rénovation intérieure implique la création d’une cloison. Un chiffre à la louche, mais qui montre bien à quel point repenser l’agencement des pièces est devenu une priorité. Pourquoi opter pour la brique? Parce qu’elle allie solidité, inertie thermique et finition noble, surtout quand elle est enduite ou laissée apparente avec goût. Monter une cloison en briques, ce n’est pas seulement construire un mur: c’est façonner l’espace, le segmenter intelligemment, le rendre plus confortable. Et même si ce n’est pas un travail de bricoleur du dimanche, quelques règles de base permettent d’aborder le chantier sereinement.

Préparer le chantier et le matériel nécessaire

Avant de poser la première brique, il faut préparer le terrain. Un bon maçon le sait: la moitié du travail se joue en amont. L’état du sol, la précision du tracé, la qualité des matériaux - tout cela conditionne la réussite de l’ouvrage. Il en va de même pour le choix du type de brique, qui déterminera l’épaisseur, la résistance et l’isolation de la cloison.

Le choix entre briques plâtrières et briques pleines

Deux options principales s’offrent à vous. La brique plâtrière, plus légère, est souvent privilégiée en étage, notamment sur des planchers anciens qui supportent mal les charges lourdes. Elle permet un gain de poids non négligeable. À l’inverse, la brique pleine offre une meilleure inertie thermique et une isolation acoustique renforcée. Elle est plus adaptée aux pièces de passage ou aux murs porteurs. L’épaisseur standard d’une cloison en briques varie entre 10 et 15 cm, selon le type choisi et les contraintes structurelles.

Liste des outils indispensables

Travailler sans le bon outillage, c’est s’assurer des résultats bancals. Voici ce qu’il faut avoir sous la main:

  • Une truelle pour étaler le mortier
  • Un niveau à bulle de bonne longueur (au moins 60 cm)
  • Un cordeau et un fil à plomb pour vérifier verticalité et alignement
  • Une masse de maçon pour ajuster les briques
  • Un seau ou auge pour malaxer le mortier

N’oubliez pas les équipements de protection: gants, lunettes et masque, surtout si vous coupez des briques.

Préparation du support au sol

Le sol doit être propre, plan et sec. Toute irrégularité se répercutera sur la verticalité du mur. Tracez l’emplacement exact de la cloison au sol, aux murs adjacents et au plafond à l’aide d’un cordeau et d’un crayon. Ce tracé doit être parfaitement aligné - c’est votre guide. Utilisez un niveau laser ou un simple fil à plomb pour vérifier la perpendicularité. Une erreur ici sera multipliée à chaque rang.

La technique de pose du premier rang

Le premier rang, c’est la base de tout. Si la première assise penche, tout le mur penchera. C’est pourquoi cette étape exige rigueur et patience. Il ne s’agit pas de poser les briques les unes à côté des autres, mais de les ancrer dans une fondation solide et parfaitement horizontale.

Application du lit de mortier

Le mortier doit être malaxé selon les recommandations du fabricant. Ni trop liquide, ni trop sec. L’épaisseur idéale du lit de pose se situe entre 10 et 15 mm. Trop fin, le mortier ne compense pas les défauts; trop épais, il s’écrase et compromet la stabilité. Étalez-le uniformément sur le sol ou sur le support existant, en veillant à bien remplir les joints en extrémité.

Positionnement et mise à niveau

Placez la première brique avec soin. Vérifiez immédiatement son horizontalité avec le niveau. Puis, à l’aide du fil à plomb, contrôlez la verticalité. Corrigez à la masse si nécessaire. Continuez ainsi pour chaque brique du premier rang. Une fois terminé, laissez reposer quelques heures avant d’attaquer le second rang - le temps que le mortier prenne suffisamment.

Élévation de la cloison et solidité

Une fois le premier rang posé, l’élévation du mur peut commencer. Chaque brique doit être posée avec précision, mais surtout, selon une logique de construction éprouvée. Ce n’est pas une simple juxtaposition: c’est une structure qui doit tenir dans le temps.

Le montage en quinconce pour la stabilité

Le jointoiement en quinconce - ou en décalé - est une règle fondamentale. Chaque joint vertical doit être recouvert par la brique du rang supérieur. Cela évite les lignes de faiblesse verticales et assure une répartition uniforme des contraintes. C’est ce qui donne au mur sa cohésion. Une cloison bien montée ne s’effondre pas parce que ses joints sont croisés, pas alignés.

L’ancrage dans les murs existants

Une cloison en briques doit être solidement rattachée aux murs porteurs latéraux. Deux méthodes principales existent: les pattes de fixation métalliques, ancrées dans les joints, ou la saignée - une entaille faite dans le mur existant où l’on insère la première brique. Cette dernière solution est plus discrète et plus rigide, mais plus invasive. Le choix dépend de la nature du mur adjacent et de l’esthétique souhaitée.

Finitions et caractéristiques techniques

Une fois la hauteur souhaitée atteinte, les finitions entrent en jeu. Elles ne sont pas qu’esthétiques: elles jouent un rôle dans la durabilité, le confort et l’adaptation du mur aux mouvements du bâtiment.

Gestion du joint de dilatation au plafond

Il est fortement déconseillé de monter la cloison jusqu’au plafond en la bloquant mécaniquement. Le bâti subit des micro-mouvements, surtout dans les constructions anciennes. Pour éviter les fissures, on laisse un espace d’environ 2 à 3 cm en haut du mur, que l’on comble avec une mousse expansive ou un joint souple, recouvert ensuite d’un bandeau de finition.

Le séchage et les enduits

Le temps de séchage complet d’une cloison en briques varie selon l’épaisseur, l’humidité ambiante et le type de mortier. En général, comptez plusieurs semaines avant d’appliquer un enduit de plâtre ou une peinture. Un séchage trop rapide peut entraîner des fissures. Patience: c’est une affaire de bon sens.

Comparaison des performances acoustiques

La brique, par nature, isole bien. Mais tous les types ne se valent pas. Pour vous aider à choisir, voici un aperçu comparatif des matériaux les plus courants.

Type de briquePoids moyen (kg/m²)Isolation acoustique (dB)Vitesse de pose
Brique plâtrière90-11042-46Moyenne
Brique pleine180-22050-54Lente
Béton cellulaire120-14048-52Rapide

Comparatif des matériaux de cloisonnement

Choisir un matériau de cloison, ce n’est pas seulement une question de solidité. C’est aussi une question d’environnement, d’usage et de contraintes techniques.

Critères de choix selon la pièce

Dans une salle de bain, l’humidité est un facteur clé. La brique pleine ou le béton cellulaire sont plus adaptés que la plâtrière, car moins sensibles à l’absorption d’eau. Dans une chambre, l’isolation acoustique prime: la brique pleine ou le béton cellulaire offrent de meilleures performances. Pour un gain de temps, le béton cellulaire se pose plus vite, mais demande moins de finitions. À vous de peser le pour et le contre selon votre projet.

Les questions qui reviennent souvent

Peut-on monter une cloison en briques sur un plancher en bois?

Oui, mais avec précaution. Le plancher doit supporter la charge, ce qui exclut souvent la brique pleine. On privilégiera alors des matériaux plus légers comme la brique plâtrière ou le béton cellulaire. Un avis de professionnel est recommandé pour évaluer la résistance du plancher.

Quel est le délai de séchage complet avant de peindre?

Le séchage complet peut prendre de trois à six semaines, selon l’épaisseur et l’hygrométrie. Il est essentiel d’attendre que le mur soit parfaitement sec pour éviter l’apparition de moisissures ou de cloques sous la peinture.

Faut-il prévoir un linteau pour intégrer une porte?

Oui, absolument. Un linteau en acier ou en béton doit être mis en place au-dessus de l’ouverture pour reprendre la charge des briques situées au-dessus. Sans lui, le mur risque de s’affaisser et de fissurer.

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